Partager l'article ! L'histoire de la Coquille saint Jacques...: Symbole des pelerins qui font les chemins de saint Jacques depuis le Moyen-Age, ornement décorat ...
"Il y a des êtres qui font d'un soleil une simple tache jaune,
mais il y en a aussi qui font d'une simple tache jaune, un véritable soleil"
Picasso
Symbole des pelerins qui font les chemins de saint Jacques depuis le Moyen-Age, ornement décoratif en ébénisterie, la saint Jacques, très appréciée des gourmets, se prète à de multiples préparations.
Consommée depuis la fin de la période glaciaire par les peuples côtiers, ce coquillage au goût très fin est sur nos tables actuellement .Profitons-en pour nous en régaler. Mais peut-être voudriez-vous en connaître davantage sur cet excellent mollusque ?
Pourquoi s'appelle t-elle saint Jacques?
C'est une belle légende qui va naître au Moyen-Age. D'après ce que raconte Jacques de
Voragine dans "La Légende Dorée", saint Jacques Le Majeur, après l'Ascension du Seigneur, prêcha en Judée-Samarie, puis vint en Espagne. Il ne gagna dans ce pays que neuf disciples. Désapointé,
il regagna la Judée, ne laissant que deux disciples pour continuer son apostolat. Après sa mort, ses disciples mirent son corps dans une barque qu'ils confièrent à la mer. Cette barque accosta en
Galice, au royaune de la reine Louve qui finit par devenir chrétienne et offrit aux disciples son palais pour en faire une église. Et puis plus rien. Mais en 830, une étoile mystérieuse indiqua à
un berger l'emplacement de la tombe de Saint Jacques sur les ruines du palais de Louve, recouvert par une friche.On exhuma les reliques du corps du saint et on nomma cet endroit "campos stella",
le champ des étoiles. Des miracles commencèrent à se produire et des pélerins à affluer. Le roi Alphonse II décida donc la construction d'un sanctuaire qui devint l'un des quatre grands lieux de
la chrétienté au Moyen-Age avec Jérusalem, Rome et le Mont Saint Michel ce qui incita les moines de Cluny à organiser dès le XIème siècle des pélerinages qui suivaient des chemins très précis
ponctués d'hospices et d'asiles tenus par des monastères. Les pélerins placèrent leurs voyages sous le signes d'un symbole. Au début, les pélerins se contentèrent de coquillages qu'ils trouvaient
sur la plage et qu'ils ramenaient chez eux comme souvenir.Car depuis l'Antiquité on portait des coquillages pour se préserver de la sorcellerie, du mauvais sort et de toutes sortes de maladies.
L'iconographie chrétienne de la coquille n'apparait qu'avec le culte de saint Jacques. Sans doute pour des raisons symboliques, la coquille s'est imposée comme attribut de l'apôtre et prit le nom
de saint Jacques. Petit à petit, cousue sur le chapeau, sur le sac ou sur le manteau, elle va devenir l'emblème, non seulement des pélerins de saint Jacques de Compostelle, mais de tous les
pélerins. En plus de son pouvoir protecteur, elle permettait de se distinguer des autres voyageurs, de boire dans les fontaines ou de demander l'aumone car à la vue de la coquille, la charité
devient devoir.
saint Jacques Le
Majeur
Les anciens qui ne connaissaient que peu de variétés de coquillages - les huîtres et les coquilles saint Jacques - en faisaient des symboles de la conception et de la fécondité. Il était
l'attribut de Vénus, la déesse de l'Amour, que de nombreux tableaux montrent sortant de l'onde dans une coquille qui ressemblent à une coquille saint Jacques géante. Les chrétiens en faisaient,
eux, le symbole de la tombe qui enveloppe les corps avant leurs résurrections. Ces deux concepts renvoient à l'image de la barque où l'on expose les nouveaux-nés marqués par le destin qui doivent
naître une seconde fois (tel Moïse) et à laquelle l'on confie les morts pour leur voyage vers l'au-delà. Et nous revenons à la légende de saint Jacques de Compostelle. Tout était en place pour
que la coquille prit le nom de saint Jacques.
LIVRE D'OR